Le pigeonnier du Salin

De l’utilité d’un pigeonnier

Autrefois, la possession d’un pigeonnier était un droit féodal, au même titre qu’un moulin ou un lavoir. À l’origine, c’était un édifice permettant de communiquer en cas d’urgence avec un seigneur voisin allié. Il suffisait d’avoir un pigeon provenant du pigeonnier dudit voisin pour, en cas de danger, le lâcher après lui avoir attaché un message à la patte.

Ce moyen de communication perdura et, même au cours de la dernière guerre, on a utilisé cette méthode avec des pigeons d’Angleterre, parachutés en France auprès des groupes de Résistance.

 

Mais revenons au Moyen-Âge… Même si, avec le temps, ce système de communication fut de moins en moins utilisé, les seigneurs l’ont conservé à titre de droit féodal car l’autre intérêt du pigeonnier consistait à avoir des pigeons et des pigeonneaux à manger, à fort peu de frais, puisqu’ils se nourrissaient dans la nature.

L’intérieur du pigeonnier, généralement cylindrique, était meublé de dizaines de petites cages appelées « boulins » et dans lesquelles les pigeons dormaient et élevaient leurs petits. Pour pouvoir prélever les pigeonneaux, il suffisait de poser une échelle sur les multiples poutres amovibles, fichées dans des trous prévus à cet effet dans les murs, trous que l’on peut encore voir aujourd’hui.

Le haut du pigeonnier était percé de quatre ouvertures situées juste sous la toiture, et faisant face aux quatre points cardinaux. Ces ouvertures permettaient aux pigeons de rentrer dans le bâtiment sans craindre les rats, leur pire menace.

Le pigeonnier du Salin

Le pigeonnier du Salin se trouve au nord du bourg de Saint-Pardon, le long du chemin vicinal qui longe la Garonne entre Saint-Pierre-de-Mons et Saint-Loubert (vous en avez déjà très certainement aperçu le dôme si caractéristique).
Le pigeonnier faisait partie des entrepôts du port salin, installé sur la Garonne, et ne semble pas avoir été rattaché aux dépendances du Château des Jaubertes. D’anciens documents attestent que le bâtiment a été restauré sous Louis XIV.

Un peu d’architecture…

La base large et circulaire sous un mur à léger fruit donne une silhouette trapue au bâtiment. Une première corniche de défense l’entoure. La seconde corniche, servant de base au toit, est moulurée. Une coupole à extrados couvre l’ensemble et est interrompue aux quatre coins cardinaux par quatre lucarnes surmontées chacune d’un fronton semi-circulaire. À l’intérieur subsistent quelques boulins ainsi que la poutre supportant le pivot central.
L’édifice a été construit au XVIIe siècle et est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 4 août 1978.